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Les Grandes coopératives.
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Les Maisons du Peuple qui se constituèrent en 1895 et en 1897 à
Boussu-lez-Walcourt, à Nismes, à Dinant et à Auvelais devinrent pour cette
province des drapeaux de la coopération socialiste.
Ces société avaient été généralement formées par des travailleurs de l'industrie
charbonnière et métallurgiste auxquels s'étaient mêlés quelques artisans et des
ouvriers des champs. Elles s'étaient donné pour tâche de fournir à leurs membres
du pain, des denrées alimentaires, des tissus, de la mercerie. Ce furent elles
qui, dans l'organisation ouvrière, remplirent le rôle d'organisation régionale.
Toutes furent formées avec capitaux insuffisants, les parts sociales n'étant que
de 10 ou 25 fr. et le nombre des fondateurs se limitant à quelque vingt ou
cinquante membres au grand maximum. Aussi n'est-il point étonnant que la plupart
d'entre elles eurent quelques peines à se développer et il en fut beaucoup parmi
celles qui ne furent que des magasins qui disparurent par suite de la faiblesse
de leurs fonds de roulement et aussi de l'incapacité ou de l'incompétence de
leurs dirigeants. Le nécrologe coopératif accusaient en 1900 la disparition
depuis la naissance du mouvement de la moitié des sociétés coopératives. A
partir de ce moment, il semble que les initiatives soient devenues moins
nombreuses, car il ne se créa que peu de nouvelles sociétés, entre autres
les Bons Amis à Velaine-sur-Sambre, la Maison du Peuple de
Falisolle, la Justice à Bouffioulx, la Solidarité à
Moignelée, etc.... et encore la plupart d'entre elles ne vécurent que
peu d'années.
Le développement pris par les coopératives socialiste en quelques années fit
craindre aux cléricaux pour leur hégémonie politique et sociale en cette
province. Aussi vit-on le conseil provincial de Namur, sous l'influence de
certains conseils communaux catholiques, voter un impôt spécial frappant les
sociétés coopératives ainsi que les sociétés anonymes (1905). Pour mieux
combattre les principales sociétés coopératives socialistes d'Auvelais,
d'Andenne, de Dinant, de Boussu-lez-Walcourt, de Nismes, les patrons cléricaux
ne tardèrent point à leur opposer une série de boulangerie anonyme dénommées
le bon pain. Il en résultera une lutte intense de longue durée qui
eut sa répercussion sur le terrain politique et dans le domaine de la
Coopération.
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Les ouvriers réunis de la
Basse-Sambre. |
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La Région.
Dans la région très industrielle de la
Bass-Sambre, au centre de laquelle se trouve Auvelais, nombre de communes
importantes ont connu une société coopérative. Moustier eut la sienne qui fut
transformée en succursale par la Maison du Peuple d'Auvelais, Bouffioulx
constitua la sienne en 1892. Il eut aussi des coopératives à Mettet (1892), à
Auvelais (1892), à Floreffe (1895), à Tamines (1896), mais la plupart d'entre
elles ne vécurent qu'un an ou peu d'années, toujours pour les mêmes raisons :
faiblesse du capital, manque de connaissances administratives, divisions dès la
naissance, etc... Plusieurs d'entr'elles doivent leur origine à l'organisation
des "Chevaliers du travail". C'est ainsi qu'à Tamines, en 1896, des débris de
l'organisation fondée par les mineurs affiliés en 1888 aux "Chevaliers du
travail", sortit l'idée de créer une société coopérative et ce, à la suite de
l'échec de la liste libérale-socialiste aux élections communales de 1895.
La coopération à
Auvelais
Auvelais, commune de plus de 7.000
habitants, est situé sur la Sambre, à mi-route entre Namur et Charleroi. Cette
localité à population industrielle est composée en majeur partie d'ouvriers
mineurs travaillant aux charbonnages voisins, d'ouvriers occupés dans les
glaceries et dans les ateliers métallurgiques de la région. Vers le Nord comme
vers le Sud, la région est essentiellement agricole. La population n'a été
appelée à la vie industrielle que dans la seconde moitié du siècle dernier.
Aujourd'hui, tout y concourt au développement de l'organisation ouvrière :
c'est le travail collectif de la mine, c'est celui de la grande usine, mais
c'est aussi le heurt entre les travailleurs et le capitalisme inféodé au
cléricalisme.
Auvelais eut une société coopérative dénommée Coopérative des Ouvriers
Unis de la Basse-Sambre qui fut créée fin 1897, à la suite d'une réunion à
laquelle prirent part dix-sept personnes. Gustave Defnet, député de
l'arrondissement de Namur à cette époque, rappelant les origines de cette
société, déclarait plus tard que "l'enthousiasme des compagnons était presque
nul. Plusieurs essais de Coopération avaient déjà été faits."
"En effet, déjà en 1893, à l'initiative des "Chevaliers du
Travail", l'Union des mineurs d'Auvelais avait créé, sous forme coopérative, une
petite Maison du Peuple, dans laquelle on vendait des déchets de farine, des
graines et où l'on débitait des boissons.
"Constituer une nouvelle société paraissait irréalisable, mais quelques
travailleurs étaient très déterminés et voulaient sincèrement marcher de
l'avant. L'ancien local devait être mis en vente publique. La société ouvrière
qui avait fait construire cet immeuble ne fonctionnait plus; les anciens membres
étaient pour le plus grand nombre dispersés et une créance hypothécaire de
16,150 fr grevait la propriété.
En deux semaines, à l'initiative de Gustave Defnet, on eut tôt fait de réunir
quelques ouvriers socialistes auxquels on exposa le projet de rachat. Le 20
décembre, la Maison du Peuple devenait propiété de la Coopérative des Ouvriers
Unis de la Basse-Sambre. Ses statuts parurent au "Moniteur", le 4 janvier 1898.
"On fit aussi l'acquisition d'un terrain situé derrière le local socialiste.
C'est là que fut construite la boulangerie. Un four mécanique d'un nouveau
système d'une valeur de 7.000fr. y fut installé ainsi qu'une machine à vapeur et
un pétrin mécanique. Trois camions et cinq chevaux furent achetés.
"Le 1er août 1898, la
boulangerie s'ouvrit. Pendant les premiers jours, la vente atteignit 400 pains
de 2 kg., mais celle-ci était insuffisante pour couvrir les frais
d'exploitation, attendu que la boulangerie était construite pour produire 4.000
kg quotidiennement.
"Il faut aussi dire que la vente de pains fabriqués se faisait déjà sur une
grande échelle dans toute la Basse-Sambre. En effet, les camions de la société
cléricale Les Ouvriers Réunis de Charleroi parcouraient chaque
jour les nombreux villages environnants : Auvelais, Tamines, Fosses, et
servaient des clients jusqu'à Gembloux.
"Cette société n'était point à vrai dire une coopérative. Elle vendait les pains
sans ristourne, les actions étaient de 25fr. et ceux qui en étaient possesseurs
touchaient des dividendes; néanmoins, elle débitait beaucoup de pains ; les
Ouvriers de la Basse-Sambre en ignoraient la source cléricale et ils croyaient
encourager les efforts d'une coopérative socialiste fondée par des travailleurs
carolorégiens.
"En outre, il y avait à Auvelais des boulangeries patronales admirablement
outillées et qui, aussitôt, commencèrent une campagne ardente contre la
coopérative socialiste. Tous les boulangers de la région furent convoqués par
ceux d'Auvelais et on jura la mort de la boulangerie socialiste. Avant trois,
disait-on partout, la boulangerie socialiste sera anéantie, et lon s'était
promis de la racheter à vil prix.
"Puis ce furent les feuilles cléricales et toutes les bonnes âmes réactionnaires
qui jurèrent une guerre sans merci. Vous entendez d'ici les concerts de
récriminations et de violence: "Ennemis du commerce, Gens sans expérience,
politiciens qui cherchent à attraper les gros sous des ouvriers naïfs.
Pétaudières socialiste, pétrin à gogos ! Gare à la culbute finale !"
"Nous en passons et des plus joyeuses. Mais la palme revient à une sainte
créature qui s'en alla partout en clamant que "les socialistes fabriquaient du
pain avec l'eau .... des morts".
"Horreur ! il y avait, en effet, un cimetière situé sur la route de Falisolle et
ils ont construit une canalisation spéciale pour l' approvisionnement d'eau
potable. En effet, à cette époque, à Auvelais, il n'existait pas de distribution
d'eau municipale.
"Bref, assaillis de toutes parts, battus en brèche par de riches concurrents,
débutant presque sans capitaux, ils étaient en proie à toutes les difficultés
inhérentes à une mise en train dans une région où l'idée de Coopération n'avait
aucune racine et où la vente du pain à crédit était quasi générale.
"Que faire ? La vente marchait cahin-caha. Les échéances commençaient à
apparaître.
Un appel signé par Gustave Defnet et par les principaux militants de la région
eut l'heur d'attirer l'attention de la classe ouvrière sur la nouvelle
organisation coopérative. La diffusion de cet appel dans toute la contrée eut en
effet prodigieux.
"Notre boulangerie est créée,
disait-il. Qu'avez-vous fait jusqu'ici pour la soutenir ? Rien ! Rien ! Rien !
"Si vous ne faites rien, vous êtes indignes de vous dire socialistes. pas de
vaines paroles, des actes ! Affiliez-vous à la boulangerie coopérative des
ouvriers de la Basse-Sambre.
"Mangez le pain socialiste, fabriqué par vos frères de travail, par ceux
qui luttent contre les exploiteurs !
"Vive le Parti Ouvrier ! Vive la grande boulangerie de la Basse-Sambre ! A
l'oeuvre ! En avant !"
Le succès
En quelques jours, la production passa de
800 à 1800 kilos par jour. Fin décembre 1898, la coopérative avait fabriqué
354.044 Kg. de pain blanc et 10.213 kg. de pain dit de chien. En sa première
année de fonctionnement, la société avait ouvert une succursale à Gembloux pour
y débiter le pain et quelques denrées. En Janvier 1899, une seconde succursale
fut appelée à la vie, à Salzinnes-les-Moulins près de Namur, à proximité des
nouveaux ateliers de chemins de fer de l'Etat. A cette époque, le personnel
attaché à la coopérative comprenait déjà 22 ouvriers et employés et le nombre
des membres coopérateurs atteignait 600. En 1900, la Maison du Peuple
construisit un second four mécanique et se rendit propriétaire d'un terrain en
vue d'agrandissement. Dès cette année, elle distribua des secours aux
sociétaires malades. Préparant l'instauration de magasins dans toute la région,
elle débitait par ses camions, en même temps que le pain, des denrées
coloniales, café, chicorée, sucre, savon, etc ... Elle rayonnait sur toute la
contrée, visitant Bothey, Bouzet, Corroy-le-Château, gembloux, Grand-Leez,
Grand-Manil, Isnes, Lonzée, Mazy, Onoz, Sauvenière, Auvelais. Aussi, dès l'année
suivante, avait-elle des magasins non seulement à Auvelais, mais à Arsimont, à
Ham-sur-Sambre, à Falisolle, à la Sarthe (Auvelais), puis à Névremont.
Ainsi, automatiquement, les
ouvriers Réunis de la Basse-Sambre réalisaient la centralisation régionale,
échappant au particularisme de village qui sévissait dans beaucoup de régions.
La concurrence
La progression des affaires des
Ouvriers Réunis de la Basse-Sambre empêchait les adversaires de dormir.
Aussi recouraient-ils toujours aux mensonges et à la calomnie pour détourner les
ouvriers du chemin de la coopérative socialiste. A certains moments, le bruit
fut répandu dans la région que la coopérative serait dans l'impossibilité de
payer les pensions à ses vieux membres. Les petits journaux à la solde des
patrons et des cléricaux jetèrent, par des articles insidieux, le soupçon sur
les plus honnêtes, même sur ceux qui depuis vingt ans étaient à la tâche ardue
de la propagande. "les meneurs s'enrichissent des sueurs des travailleurs",
voilà ce que la presse capitaliste ne cessait de répéter et, après avoir
dénigré, vilipendé les oeuvres coopératives et leurs militants, on vit les
dirigeants de la boulangerie le bon grain imiter la pratique
coopérative en créant la vente avec ristournes et en organisant la pension aux
vieux clients. En réalité, la boulangerie cléricale n'était qu'une société
anonyme dont les actions se trouvaient aux mains d'une société industrielle
composée de six ingénieurs, d'un notaire, d'un avocat, de quatre gros
propriétaires dont un comte et un baron. Le but réel de cette société était la
mort de la coopérative socialiste.
En 1902n la coopérative d'Auvelais construisit une écurie pour treize chevaux et
une remise pour abriter onze camions; elle avait acquis un nouveau terrain de 12
ares 17 centiares qui devait servir dans la suite à de nouvelles extensions de
la société.
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Les vastes écuries |

Le magasin général d'approvisionnement
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Le quai de chargement
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L'année suivante, elle acheta une
maison voisine pour y installer les magasins d'épiceries et de tissus.
Chaque exercice accusait une progression constante du chiffre des affaires, du
nombre de ses membres, la création d'installations et la fondation d'oeuvres
nouvelles. Après cinq années, la Coopérative d'Auvelais possédait des immeubles
et du matériel pour plus de 100.000fr; elle comptait plus de 2.000 associés;
elle fabriquait annuellement 1.672.000 kg. de pain et elle réalisait une vente
de plus de 650.000fr.
En plus de sa caisse de secours en cas de maladie, elle avait constitué en 1904
une caisse de pensions pour les vieux coopérateurs dont l'octroi était basé sur
le nombre d'années de participation et sur l'importance des achats.
Pendant les sept premières années, elle eut à sa tête Gustave Defnet, député de
l'arrondissement de Namur qui, avec l'aide des camarades Paul Leclercq,
Melchior, Ledoux et Sevrin, se prodigua à la prospérité de la société
coopérative.
L'année 1904 fut cruelle pour la société, car son fondateur mourut soudainement
à Namur. Mais l'oeuvre était solidement assise et elle échut en des mains
expertes et prudents. L'avenir était ainsi assuré. Le progrès de la coopérative
se poursuivit inlassable, malgré les attaques de toutes espèces que ne cessait
de lui adresser une presse à tous gages.
La progression s'accentue
L'année 1905 fut marquée par la
constitution d'une caisse d'épargne. Les ventes atteignirent près de 900.000frs
et le nombre de coopérateurs passa à près de 3.000. En plus des succursales déjà
indiquées, il faut enregistrer deux nouvelles, l'une à Biesmerée, l'autre à
Tamines, deux localités où avaient existé des sociétés autonomes qui avaient
périclité.
La coopérative Les Ouvriers Réunis d'Auvelais participa en 1906 à
la constitution financière de la coopérative la vedette de Sambre et Meuse
à Mettet. Elle fit construire à Tamines une magnifique Maison du Peuple
avec magasin et café; elle ouvrit une succursale à Moustier-sur-Sambre
transformant ainsi l'ancienne coopérative.
Depuis plusieurs années, la Coopérative d'Auvelais soutenait un journal
hebdomadaire : "En avant", qui menait énergiquement la lutte sur le terrain
coopératif, syndical, et politique. Les bilans semestriels étaient répandus dans
toutes les localités de la région, sollicitant l'attention des prolétaires et
suscitant chez les adversaires capitalistes et politiques de sourdes colères,
des attaques sournoises et mensongères. la campagne de haine se continua pendant
plusieurs années. On empêchait les ouvriers de s'approvisionner à la coopérative
pour les obliger à se procurer le pain à la société anonyme. On vendit meilleur
marché pour gagner la clientèle, mais les travailleurs de la Basse-Sambre
restèrent pour le plus grand nombre fidèles à leur coopérative. En effet , fin
1907, la coopérative d'Auvelais enregistrait 3.373 membres, bien qu'elle en eut
351 à la vedette de Mettet qui venait de se constituer; elle
fabirquait 2 millions 500.000 kg; de pain. Les ventes annuelles s'élevaient à
plus d'un million et les immeubles de la coopérative en partie amortis
représentaient une valeur de 200.000fr.
L'adversaire continua à mordre, mais ses dents se brisèrent dans le roc. Un an
après la naissance du Bon Grain (1907), la coopérative socialiste
enregistrait 1 million 152.986fr de vente et 3.898 coopérateurs. La progression
s'accentue et se poursuit 1910, 1911,1912,1913 - 4895 membres pour 1.327.515fr
de ventes.
Ces résultats avaient été acquis grâce à la pensée d'unité ouvrière qui n'avait
cessé de prévaloir parmi la plupart des travailleurs de la Basse-Sambre, car
dans cette région comme d'ailleurs un peu partout dans les milieux ouvriers, il
s'était montré des porc-épics sociaux qui, à certains moments, suscitèrent des
questions personnelles, firent écho aux attaques du dehors, mirent en oeuvre des
rivalités politiques. Heureusement, le bon sens de la population ne prêta pas
l'oreille aux artisans de la discorde et de la dissension, sachant qu'on ne
bâtit point sur la haine.
Une bonne coopérative
Quand, en 1914, la guerre éclata, la Coopérative d'Auvelais comptait une
boulangerie à Auvelais qui desservait 22 communes, un dépôt entral, dix
sucursales et deux Maisons du Peuple. Le nombre de ses associés était de 5.112.
Pour l'exercice semestriel se clôturant le 30 juin 1914, ses ventes atteignaient
640.552,21fr. Son personnel comprenait 43 employés et ouvriers. Quant à ses
immeubles, ils représentaient une valeur de 350.000fr. sur laquelle il avait été
fait d'importants amortissements.
La coopérative Les Ouvriers Réunis d'Auvelais est située à 5 à 6 minutes de la
gare de chemin de fer, rue Saint-Roch, à la bifurcation des routes allant vers
Falisolle et Tamines. Les immeubles de la société couvraient en cet endroit une
surface d'une vingtaine d'ares. La salle du café très spacieuse était ornée de
portraits des socialistes belges et étrangers et abritait la bibliothèque
populaire. Au dessus se trouvait la salle des fêtes. On y avait accès par un
large escalier débouchant de la salle du café.
Dans ce même ensemble de bâtisses se trouvaient l'habitation du gérant et celle
du directeur de la société. Voisin de cette demeure, on rencontrait le magasin
d'épiceries et de tissus dont les dispositions intérieures et extérieures
respiraient l'ordre, la gaieté et le bon goût.
La société Coopérative d'Auvelais avait la réputation d'être l'une des mieux
tenue en même temps que des plus accueillantes de Belgique. Cette impression
nous fût donnée en de nombreuses circonstances : adhésion réelle aux magasins
coopératifs de gros, soutien des oeuvres de diffusions coopérative de l'Office
Coopératif, aide financière aux sociétés en difficulté, contribution à la
presse. En réalité, elle s'était efforcée au cours de sa carrière de vingt
années de réaliser le but qu'elle s'était assignée à sa création :
"Celui de pourvoir aux besoins matériels,
intellectuels et moraux de ses adhérents. Pain de bonne qualité, à poids exact,
au prix le plus bas, marchandises de qualité garantie pure, au prix du jour et
de la concurrence, ristournes, secours en pain et autres produits aux
coopérateurs malades ou blessés au travail, pensions aux vieux coopérateurs",
voilà pour le côté matériel.
"Fondation d'un journal hebdomadaire, distribution de brochures, création d'une
bibliothèque, ouverture de Maison du Peuple, pour l'organisation de conférences,
de cours, de meetings et de fêtes", voilà pour le côté
intellectuel.
"Intervention financière dans les grèves, dans la constitution de nouvelles
coopératives, dans les luttes politiques", voilà pour le côté
solidarité.
L'oeuvre de la coopérative d'Auvelais
avait été en réalité pétrie des mains caleuses, mais combien solides et franches
de la classe ouvrière.
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