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Sambreville a inauguré sa
Grand-place, ce samedi. Les citoyens se sont pressés sur les pavés où l’on a
dévoilé une fontaine de verre et « l’Ode à l’Europe ».
La
DRACHE. Une foule de parapluie vient de quitter la péniche, le Carpe Diem, après
une balade sur la Sambre qui a rincé tout le monde. Le débarquement se déroule
encore sous les cordes tandis que, sur le nouveau tarmac, les gens se placent
pour le protocole. A l’avant,Le bourgmestre Marcel Fisenne, le gouverneur Amand
Dalem, les échevins, tous précédés d’une fanfare fendant courageusement les
gouttes.
Puis, à l’entrée de la place,
l’éclaircie, le grand soleil qui vient rendre hommage à cet espace public
transfiguré où se balancent désormais les cimes de trois rangées de platanes.
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Les tambours
résonnent, les marcheurs étrennent eux aussi les pavés, le cortège officiel
attend le bon moment pour entrer sur ce décor chatoyant garni de costumes et
de soleil. |

Deux jeunes filles viennent de
tirer le ruban tricolore. Le cortège officiel avance, parapluies repliés.
Au balcon de l’hôtel de ville, on hisse simultanément les couleurs, celles de la
Belgique, de l’Europe, de la Wallonie et de Sambreville lorsque retentit l’hymne
européen. Le chef de la zone de police Jacques Vigneron interpelle Viviane, une
dévouée coordinatrice, un fifrelin stressée : « Pas l’hymne Europèen pour
commencer, la Brabançonne ». Le pauvre chef de musique, vous imaginez la
scène. Les yeux sur la partition, les mains sur la clarinette, il doit recevoir
ce perturbant message dans l’oreille tandis qu’il est à l’œuvre de l’hymne à la
joie. Les dernières notes de celui-ci s’écrasent, la Brabançonne attendue emplit
enfin l’atmosphère de solennité.
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Quelques instants plus tard,
Marcel Fisenne, ému, à qui l’on tend une paire de ciseaux, s’essuie le
visage. L’instant est prenant. La place qu’il attendait depuis si longtemps,
qui a coûté tant d’énergie, tant de réunions, tant d’efforts et tant
d’argent, ce chantier majeur du renouveau qu’il a suivi avec tant
d’enthousiasme, voilà que l’un et l’autre se trouvent achevés.
Couper de
ruban, sous des applaudissements nourris. |
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Deux officiers s’avancent ensuite
vers le bourgmestre, le saluent militairement et lui tendent un sabre afin qu’il
commande la salve inaugurale.
Tambours roulement…. En joue …. Le
sabre se lève, puis s’abaisse d’un coup. On se bouche les oreilles et puis,
rien. Raté. Les personnalités s’esclaffent. Moment de gêne chez les officiers au
bicorne dont les artilleurs n’ont rien vu et rien entendu, mais bonne humeur
parmi le public. Marcel Fisenne, rigolant bien lui aussi de la surprise, est
alors invité à s’avancer au-devant des artilleurs, et le commandement ,
sabre à la main, sera cette fois le bon.
« J’ai dit…… »
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Second acte.
Le cortège s’avance jusqu’à un monument encore voilé et annoncé comme étant
une ode à l’Europe. L’artiste carolo Charles Delporte, qui en est l’auteur,
a également composé une chanson pour l’occasion, qu’il interprète en direct,
en y mettant beaucoup de cœur et de conviction. Aussitôt après, le
bourgmestre a à peine le temps de faire glisser le voile que, soudain tout
le monde sursaute : deux troublons et deux fusils viennent de cracher leur
poudre en assourdissant tout le monde. Rires dans l’assistance. « Tout le
monde l’aura entendu au moins » blague-t-on, grâce à ces fines gâchettes. |
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Troisième
halte dans ce parcours inaugural : la fontaine, face à l’église
Saint-Victor. L’ouvrage, tout de verre et d’acier, a été offert par la
glacerie Saint-Gobain. L’eau, le verre, l’acier, une trilogie qui a fait et
fait toujours la richesse de Sambreville. Nouveau dévoilement et
applaudissements.

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Enfin,
le discours du bourgmestre, 17 pages qui résument l’entreprise et l’esprit, les
péripéties, les mercis d’usage.
« Nous avons voulu rendre à
cet imposant espace public sa vocation d’antan, le rendre aux piétons et aux
promeneurs, en refaire en quelque sorte la Forum de notre commune, déclare
le bourgmestre, où il fera bon circuler en toute quiétude, s’asseoir, prendre
un verre en famille et ce loin des trépidations de la vie moderne. »
Le soleil dans les yeux, l’orateur
conclut sa causerie d’un vibrant « J’ai dit … », comme pour mieux
affirmer qu’une page vient de se tourner et qu’il n’y a plus à y revenir :
Sambreville a changé de visage.
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Ensuite, l’ensemble Votano est à
son tour monté sur la tribune pour animer, avec des interprétations
classiques, un gigantesque verre de l’amitié.
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Rétrospective.
Dans son discours, le bourgmestre a
refait l’historique de cet ambitieux chantier de restauration.
1996 :
pour la première fois, l’idée d’entreprendre la rénovation de la place communale
du secteur d’Auvelais est évoquée. Le collège sollicite le département
Architecture et d’Urbanisme de l’université de Mons afin qu’il organise pour ses
étudiants de dernière année un concours informel sur le thème « création d’une
grand-place ».
Du 5 janvier au 9 février 1998 :
les nombreux travaux, fort intéressants, souvent futuristes, sont exposés à la
bibliothèque.
« Loin d’être un aboutissement, ce
fut une grande et passionnante aventure pour notre commune, aventure qui trouve
son épilogue protocolaire aujourd’hui » a souligné le bourgmestre.
30 novembre 1998 :
le conseil communal arrêta le cahier des charges relatif à la désignation d’un
auteur du projet pour l’étude et le suivi du chantier des travaux d’aménagement
du centre d’Auvelais. Le marché est estimé à plus de cent millions de francs
belges. Dans les délais, huit dossiers de candidature ont été déposés et tous
les soumissionnaires ont été reçus individuellement par le collège afin de
débattre des projets.
Le 7 avril 2000 :
désignation du bureau Dulière et Dossogne de Charleroi comme adjudicataire. Il
est chargé de l’étude du projet conformément à l’esquisse qu’il a déposé et
séduit le jury.
Fin 2000 :
arrivée d’une manne européenne, baptisée Urban II, d’un montant de 16 millions
d’euros et divisé en cinq axes dont l’axe 4 où sont aussitôt intégrés les
travaux de rénovation du centre. L’Europe offre 2.320.000 € pour la réalisation
de la place.
20 février 2002 :
L’avant projet est soumis aux représentants des différents secteurs :
maraîchers, Horeca, commerçants, associations culturelles et sportives,
riverains…
18 novembre 2002 :
le projet définitif est approuvé par le conseil communal.
8 avril 2003 :
mise du projet en adjudication publique et dépôt de 12 soumissions.
Le collège désigna les Ets
Rousseaux de Montigny-le-Tilleul, comme adjudicataire des travaux d’aménagement
de la place communale pour un montant de 1.741.728,58 € tvac. Une autre grande
aventure allait commencer.
Le 18 août 2003 :
Le premier coup de pioche est donné sur le parking arrière de la maison
communale. Les travaux ont de l’avance sur le calendrier, l’entrepreneur est
félicité.
Le 11 septembre 2004 :
l’inauguration en grande pompe. Et nous y étions.
Quelques chiffres...
Ø
La Grand-place de
Sambreville, c’est, à l’arrière de l’hôtel de ville, un nouveau parc de
stationnement offrant 220 places gratuites facilement accessibles.
Ø
C’est aussi 1.400.000
pavés de grès qui ont été placés soit 9.500 m2. Des dizaines de
mètres carrés de pierre bleue, 99 réverbères, 12 bancs, 88 bornes fixes, 59
projecteurs encastrés, 14 poubelles, 21 poteaux de signalisation diverses et 130
arbres (88 marronniers et 42 platanes).
Ø
Pour les personnes
invalides, le collège a imposé la construction de plusieurs plans inclinés qui
jouxtent les rampes d’escaliers, tant vers le périmètre Horeca que vers l’hôtel
de ville et l’église.
Ø
La Grand-place, ce
sont aussi des caméras, un matériel de pointe très sophistiqué qui vient d’être
placé et qui permettra à la police d’exercer à distance un contrôle permanent de
la Grand-place et ses alentours immédiats. Ce système intelligent est programmé
pour analyser une situation qu’il a détectée et considérée comme inhabituelle.
Dans ce cas, un réseau d’alarmes de différents types sera actionné.
Ø
La Grand-place, ce
sera aussi des horodateurs, qui seront placés incessamment, « et dont le
but sera moins de réaliser u éventuel profit que de constituer un frein au
stationnement de longue durée ».
Ø
Enfin, un double
panneau didactique apposé sur un des murs de l’église permet aussi à tous les
citoyens de découvrir l’histoire et la transformation progressive de la place,
ainsi que les cinq églises qui s’y sont succédé depuis le XIème
siècle.
Un royal feu d’artifice.
Quant le soir est tombé,
l’éclairage public ne s’est pas déclenché. Volontairement. Afin que les citoyens
n’en croient pas leurs yeux.
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Pour que la
magie de l’électricité soit totale. Seules les enseignes jaunes et rouges
des tavernes bondées de la place et leurs vitrines éclairent encore. Tout
autour du nouveau périmètre, les gens sont attablés, les cabaretiers sous
pression et les échevins éparpillés. La foule se promène en long et en large
sur la place et nombreux sont ceux qui vont toucher la nouvelle fontaine
dont l’éclairage multicolore séduit. Constituée d’un assemblage de 25
colonnes de verre coloré, elle symbolise les 25 pays membres de la
Communauté européenne. |
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Vers
22h, des feux de bengale annoncent le clou de la soirée : un feu d’artifice tiré
par les maîtres artificiers Van Cleemput, ceux-là même qui tirent chaque année
le feu d’artifice du 21 juillet depuis la place des Palais à Bruxelles. Les
artificiers, dont Benoît Alain, présentent, dans leur collection peintre du
ciel, 19 tableaux étoilés, subdivisés en 13 figures et 6 intermèdes. En toile de
fond, puissamment diffusé, l’hymne européen, ou l’hymne à la joie. La mélodie
est tirée de la 9ème symphonie composée en 1823 par Ludwig van
Beethoven. Un choix logique puisque Sambreville doit beaucoup à l’Europe. |
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Au total, le
feu d’artifice dure 24 minutes, d’une intensité exceptionnelle, comme cette
cité de Sambre n’en a jamais connu. Les gerbes de lumière blanche restées
au sol permettent d’apercevoir, fugacement, le vert tendre des feuillages
des platanes. |
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Et, ainsi que c’était prévu, la
Grand-place s’est soudain allumée, la lumière jailli, magiquement, au sommet de
ses 99 réverbères.
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Un mélange de lumière blanche et jaune, au halo bleuté. |
Applaudissements, suivis de la Reine de musette.
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