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Un Nouvel espace de convivialité
La place d’Auvelais a retrouvé toute sa splendeur. (La dernière Heure du 13 septembre 2004)

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La Grand-place en fête. (SudPresse le 13 septembre 2004)

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La Grand-place mise en lumière.

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Adieu Place Communale,  bonjour Grand-Place.

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Le second coup de sabre a été le bon. (Vers l’avenir du lundi 13 septembre 2004)

 Sambreville a inauguré sa Grand-place, ce samedi. Les citoyens se sont pressés sur les pavés où l’on a dévoilé une fontaine de verre et « l’Ode à l’Europe ».

La DRACHE. Une foule de parapluie vient de quitter la péniche, le Carpe Diem, après une balade sur la Sambre qui a rincé tout le monde. Le débarquement se déroule encore sous les cordes tandis que, sur le nouveau tarmac, les gens se placent pour le protocole. A l’avant,Le bourgmestre Marcel Fisenne, le gouverneur Amand Dalem, les échevins, tous précédés d’une fanfare fendant courageusement les gouttes.

Puis, à l’entrée de la place, l’éclaircie, le grand soleil qui vient rendre hommage à cet espace public transfiguré où se balancent désormais les cimes de trois rangées de platanes.

Les tambours résonnent, les marcheurs étrennent eux aussi les pavés, le cortège officiel attend le bon moment pour entrer sur ce décor chatoyant garni de costumes et de soleil.

Deux jeunes filles viennent de tirer le ruban tricolore. Le cortège officiel avance, parapluies repliés.

Au balcon de l’hôtel de ville, on hisse simultanément les couleurs, celles de la Belgique, de l’Europe, de la Wallonie et de Sambreville lorsque retentit l’hymne européen. Le chef de la zone de police Jacques Vigneron interpelle Viviane, une dévouée coordinatrice, un fifrelin stressée : « Pas l’hymne Europèen pour commencer, la Brabançonne ». Le pauvre chef de musique, vous imaginez la scène. Les yeux sur la partition, les mains sur la clarinette, il doit recevoir ce perturbant message dans l’oreille tandis qu’il est à l’œuvre de  l’hymne à la joie. Les dernières notes de celui-ci s’écrasent, la Brabançonne attendue emplit enfin l’atmosphère de solennité.

Quelques instants plus tard, Marcel Fisenne, ému, à qui l’on tend une paire de ciseaux, s’essuie le visage. L’instant est prenant. La place qu’il attendait depuis si longtemps, qui a coûté tant d’énergie, tant de réunions, tant d’efforts et tant d’argent, ce chantier majeur du renouveau qu’il a suivi avec tant d’enthousiasme, voilà que l’un et l’autre se trouvent achevés.

Couper de ruban, sous des applaudissements nourris.

Deux officiers s’avancent ensuite vers le bourgmestre, le saluent militairement et lui tendent un sabre afin qu’il commande la salve inaugurale.

Tambours roulement…. En joue …. Le sabre se lève, puis s’abaisse d’un coup. On se bouche les oreilles et puis, rien. Raté. Les personnalités s’esclaffent. Moment de gêne chez les officiers au bicorne dont les artilleurs n’ont rien vu et rien entendu, mais bonne humeur parmi le public. Marcel Fisenne, rigolant bien lui aussi de la surprise, est alors invité à s’avancer au-devant des artilleurs, et le commandement, sabre à la main, sera cette fois le bon.

« J’ai dit…… »

Second acte. Le cortège s’avance jusqu’à un monument encore voilé et annoncé comme étant une ode à l’Europe. L’artiste carolo Charles Delporte, qui en est l’auteur, a également composé une chanson pour l’occasion, qu’il interprète en direct, en y mettant beaucoup de cœur et de conviction. Aussitôt après, le bourgmestre a à peine le temps de faire glisser le voile que, soudain tout le monde sursaute : deux troublons et deux fusils viennent de cracher leur poudre en assourdissant tout le monde. Rires dans l’assistance. « Tout le monde l’aura entendu au moins » blague-t-on, grâce à ces fines gâchettes.


Troisième halte dans ce parcours inaugural : la fontaine, face à l’église Saint-Victor. L’ouvrage, tout de verre et d’acier, a été offert par la glacerie Saint-Gobain. L’eau, le verre, l’acier, une trilogie qui a fait et fait toujours la richesse de Sambreville. Nouveau dévoilement et applaudissements.

Enfin, le discours du bourgmestre, 17 pages qui résument l’entreprise et l’esprit, les péripéties, les mercis d’usage.

« Nous avons voulu rendre à cet imposant espace public sa vocation d’antan, le rendre aux piétons et aux promeneurs, en refaire en quelque sorte la Forum de notre commune, déclare le bourgmestre, où il fera bon circuler en toute quiétude, s’asseoir, prendre un verre en famille et ce loin des trépidations de la vie moderne. »

Le soleil dans les yeux, l’orateur conclut sa causerie d’un vibrant « J’ai dit … », comme pour mieux affirmer qu’une page vient de se tourner et qu’il n’y a plus à y revenir : Sambreville a changé de visage.

Ensuite, l’ensemble Votano est à son tour monté sur la tribune pour animer, avec des interprétations classiques, un gigantesque verre de l’amitié.    

Rétrospective.

Dans son discours, le bourgmestre a refait l’historique de cet ambitieux chantier de restauration.

1996 : pour la première fois, l’idée d’entreprendre la rénovation de la place communale du secteur d’Auvelais est évoquée. Le collège sollicite le département Architecture et d’Urbanisme de l’université de Mons afin qu’il organise pour ses étudiants de dernière année un concours informel sur le thème « création d’une grand-place ».

Du 5 janvier au 9 février 1998 : les nombreux travaux, fort intéressants, souvent futuristes, sont exposés à la bibliothèque.

« Loin d’être un aboutissement, ce fut une grande et passionnante aventure pour notre commune, aventure qui trouve son épilogue protocolaire aujourd’hui » a souligné le bourgmestre.

30 novembre 1998 : le conseil communal arrêta le cahier des charges relatif à la désignation d’un auteur du projet  pour l’étude et le suivi du chantier des travaux d’aménagement du centre d’Auvelais. Le marché est estimé à plus de cent millions de francs belges. Dans les délais, huit dossiers de candidature ont été déposés et tous les soumissionnaires ont été reçus individuellement par le collège afin de débattre des projets.

Le 7 avril 2000 : désignation du bureau Dulière et Dossogne de Charleroi comme adjudicataire. Il est chargé de l’étude du projet conformément à l’esquisse qu’il a déposé et séduit le jury.

Fin 2000 : arrivée d’une manne européenne, baptisée Urban II, d’un montant de 16 millions d’euros et divisé en cinq axes dont l’axe 4 où sont aussitôt intégrés les travaux de rénovation du centre. L’Europe offre 2.320.000 € pour la réalisation de la place.

20 février 2002 : L’avant projet est soumis aux représentants des différents secteurs : maraîchers, Horeca, commerçants, associations culturelles et sportives, riverains…

18 novembre 2002 : le projet définitif est approuvé par le conseil communal.

8 avril 2003 : mise du projet en adjudication publique et dépôt de 12 soumissions.

Le collège désigna les Ets Rousseaux de Montigny-le-Tilleul, comme adjudicataire des travaux d’aménagement de la place communale pour un montant de 1.741.728,58 € tvac. Une autre grande aventure allait commencer.

Le 18 août 2003 : Le premier coup de pioche est donné sur le parking arrière de la maison communale. Les travaux ont de l’avance sur le calendrier, l’entrepreneur est félicité.

Le 11 septembre 2004 : l’inauguration en grande pompe. Et nous y étions.

Quelques chiffres...

Ø      La Grand-place de Sambreville, c’est, à l’arrière de l’hôtel de ville, un nouveau parc de stationnement offrant 220 places gratuites facilement accessibles.

Ø      C’est aussi 1.400.000 pavés de grès qui ont été placés soit 9.500 m2.  Des dizaines de mètres carrés de pierre bleue, 99 réverbères, 12 bancs, 88 bornes fixes, 59 projecteurs encastrés, 14 poubelles, 21 poteaux de signalisation diverses et 130 arbres (88 marronniers et 42 platanes).

Ø      Pour les personnes invalides, le collège a imposé la construction de plusieurs plans inclinés qui jouxtent les rampes d’escaliers, tant vers le périmètre Horeca que vers l’hôtel de ville et l’église.

Ø      La Grand-place, ce sont aussi des caméras, un matériel de pointe très sophistiqué qui vient d’être placé et qui permettra à la police d’exercer à distance un contrôle permanent de la Grand-place et ses alentours immédiats. Ce système intelligent est programmé pour analyser une situation qu’il a détectée et considérée comme inhabituelle. Dans ce cas, un réseau d’alarmes de différents types sera actionné.

Ø      La Grand-place, ce sera aussi des horodateurs, qui seront placés incessamment, « et dont le but sera moins de réaliser u éventuel profit que de constituer un frein au stationnement de longue durée ».

Ø      Enfin, un double panneau didactique apposé sur un des murs de l’église permet aussi à tous les citoyens de découvrir l’histoire et la transformation progressive de la place, ainsi que les cinq églises qui s’y sont succédé depuis le XIème siècle.

Un royal feu d’artifice.

Quant le soir est  tombé, l’éclairage public ne s’est pas déclenché. Volontairement. Afin que les citoyens n’en croient pas leurs yeux.

Pour que la magie de l’électricité soit totale. Seules les enseignes jaunes et rouges des tavernes bondées de la place et leurs vitrines éclairent encore. Tout autour du nouveau périmètre, les gens sont attablés, les cabaretiers sous pression et les échevins éparpillés. La foule se promène en long et en large sur la place et nombreux sont ceux qui vont toucher la nouvelle fontaine dont l’éclairage multicolore séduit. Constituée d’un assemblage de 25 colonnes de verre coloré, elle symbolise les 25 pays membres de la Communauté européenne.

Vers 22h, des feux de bengale annoncent le clou de la soirée : un feu d’artifice tiré par les maîtres artificiers Van Cleemput, ceux-là même qui tirent chaque année le feu d’artifice du 21 juillet depuis la place des Palais à Bruxelles. Les artificiers, dont Benoît Alain, présentent, dans leur collection peintre du ciel, 19 tableaux étoilés, subdivisés en 13 figures et 6 intermèdes. En toile de fond, puissamment diffusé, l’hymne européen, ou l’hymne à la joie. La mélodie est tirée de la 9ème symphonie composée en 1823 par Ludwig van Beethoven. Un choix logique puisque Sambreville doit beaucoup à l’Europe.

Au total, le feu d’artifice dure 24 minutes, d’une intensité exceptionnelle, comme cette cité de Sambre n’en a jamais connu.  Les gerbes de lumière blanche restées au sol permettent d’apercevoir, fugacement, le vert tendre des feuillages des platanes.

Et, ainsi que c’était prévu, la Grand-place s’est soudain allumée, la lumière jailli, magiquement, au sommet de ses 99 réverbères.

Un mélange de lumière blanche et jaune, au halo bleuté.

Applaudissements, suivis de la Reine de musette.


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Dernière mise à jour le : 08 juin 2007.